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La mort... Elle pourrait sembler
bien loin de pouvoir frappé dans un camp de prisonniers. On
pourrait croire ces derniers loin de tout danger... et pourtant! La
grande faucheuse a fait des ravages dans les camps. Le typhus, la
dysenterie ont beaucoup frappé.
On considère que 59 000 français
sont morts en captivité (soit 10% des prisonniers de cette
nationalité) et que 20 000 corps ont été rapatriés en France.
Le lieu où viennent mourir les
hommes est bien sûr le lazaret. On en trouve deux exemples dans le
Tuyau:
le dernier baiser d'un moribond et
feuilles d'automne.

On sait qu'à la mi-novembre
1915, le petit cimetière contenait 118 tombes.
Lors de la visite des délégués
espagnols en janvier 1917, le nombre de morts s'élève à 144 (86
russes et 58 français) selon le rapport mais à 187 selon les
archives. Il y a donc eu, en un an 26 morts dans le camp de
Quedlinburg selon le rapport et 69 selon les archives!

Les morts étaient enterrés au
cimetière central de Quedlinburg.
Un monument aux prisonniers
défunts y a été inauguré le 30 juin 1918. Ce monument a été créé par
un sculpteur français: Seigner. Il a pu être réalisé grâce à une
collecte spécifique. Le souvenir des morts était très important pour
les prisonniers. On peut donc lire sur le fronton du monument "A
ceux qui ne reverront plus leurs patrie".

L'inauguration a eu lieu en
présence des autorités du camp mais aussi des notables de la ville.

L'orchestre et la chorale du
camp ont également rendu hommage à leurs camarades défunts.


Aujourd'hui, le monument
existe toujours. 444 noms y sont gravés: 228 anglais, italiens,
français, belges et 216 russes. Il s'agit bien sûr de noms de
prisonniers décédés.
Les
tombes ont quant à elles presque toutes disparues. On sait que les
corps des ressortissants français ont été rapatriés. La plupart sont
inhumés dans la Nécropole Nationale de Sarrebourg (Moselle).
Certains, ont été redonnés aux familles.
On suppose que certains corps,
comme ceux des prisonniers russes, sont encore enterrés ici.
Malheureusement, nous ne savons pas où.
Il reste toutefois certaines
tombes et notamment une stèle italienne à la mémoire des prisonniers
italiens morts dans le camp.
Il faut savoir que le camp de
prisonniers n'a été détruit que le 30 juin 1922. En effet, les
russes, ayant changé de gouvernement (révolution d'octobre), ne
savaient pas où aller. Le camp de prisonniers est donc devenu un
camp de réfugiés.
Les archives nous renseignent
donc sur les prisonniers défunts jusqu'en 1920 (28 septembre
exactement). Il y a eu un total de 703 morts au camp dont, 412
russes, 144 français, 101 anglais, 32 italiens et 14 civils.

© Davye CESBRON
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