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Au départ: "
nous menions l'existence rudimentaire des
hommes primitifs. Nous habitions de petites huttes aux toits
pointus, qui donnaient à notre camp l'aspect d'un de ces villages
nègres, comme on voit dans les expositions. A côté de nous lentement
comme des gens qui ont le temps des ouvriers travaillaient bien à
bâtir de larges baraques, à brancher des fils électriques, à
confectionner des routes mais ils ne nous intéressaient pas. (...)
Des mois sont passés, les pittoresques petites huttes ont disparu
depuis longtemps, nous habitons les baraquements..."
Extrait du Tuyau n°6, page 1 (19 août 1915)
Nous savons grâce à des
témoignages et à des photos que le camp était entouré de fils
barbelés dans le but logique d'empêcher les évasions mais aussi de
couper les prisonniers du monde extérieur. "De
tous les champs de fleurs, de tous les vergers s'élevait, dans la
douceur attiédie d'un beau ciel, un flot grisant de parfums.
L'atmosphère en était étoffée. Affaiblis déjà par un hiver sans feu
et une nourriture sans nom, déprimés par l'air âcre et fétide
respiré dans les baraques bondées de Russes et de Français mélangés,
nous nous approchions le plus que nous pouvions des réseaux barbelés
pour regarder la verdure extérieure et retrouver la vie d'un air
plus pur. J'allais donc chaque jour durant quelques instants, tenu à
distance par la menace des balles, contempler à travers le lacis
roncé des grillages un grand arbre s'échevelant dans le ciel. Séparé
par la mort et le sang du soleil qui dansait à quelques pas de moi
dans les prés, je sentais atrocement ma misère et j'enviais le sort
des corbeaux qui tourbillonnaient dans l'air libre."Témoignage
extrait du livre Un camp de représailles de Mario MEUNIER
Les fouilles nous ont
démontrés qu'il existait deux rangées de barbelés séparées par un
couloir libre (ayant pu servir de chemin de ronde). "Le Tuyau" nous
apprend même que ces barbelés étaient électrifiés.



Les archéologues ont
découverts des restes de poteau
en bois qui soutenaient les baraques. Ils ont donc pu en déduire
qu'une baraque faisait 50 mètres de longueur sur 15 à 20 mètres de
largeur en moyenne.
Afin de nous permettre
de mieux visualiser la zone occupée par une baraque, le coordinateur
de projet, Jens Brauer, a planté des piquets qui matérialisent
chacun un poteau.



Lors des fouilles, de
nombreux fragments de papiers goudronnés ont été exhumés. Ceci
corrobore les témoignages selon lesquels les baraques étaient faites
de planches de bois recouvertes de papier goudronné.
Cependant, de
nombreuses briques ont également été trouvées. Cette découverte a
donnée lieu à de nombreuses discussions puisque rien ne laissait
présager que des constructions utilisant ce matériau avaient existé
dans le camp.

Finalement, c'est une
ancienne photographie qui nous a éclairé. Ces briques ont été
utilisées dans la construction des cuisines.
Une des trouvailles les
plus impressionnante a été celle de restes de canalisations. Doublée
à la découverte de puits, cela implique que les prisonniers avaient
l'eau courante.


Les témoignages et
photographies d'époque (voir ci-dessous) nous apprennent que les
prisonniers ont eu l'électricité.


Des fragments
d'isolateurs électriques en porcelaine, ont été retrouvés sur le
site ce qui nous prouve bien que l'électricité arrivait au camp.

Une autre grande
surprise était contenue dans une photo d'époque. Il s'agit d'une
photo représentant le monument du camp (ci-contre).
Au départ, nous
pensions que la plaque blanche que l'on entrevoit,
était une plaque portant une inscription quelconque. Puis, un jour,
Thomas WOSNIAK a dessiné des formes à partir de ce qu'il entrevoyait
sur la photo. Et là, surprise! Ces figures formaient un plan! C'est
ainsi que le plan du camp a été découvert. Il a donc été possible de
redessiner ce plan et même de localiser la zone de fouilles.
Pour voir le plan du
camp (avec légendes),
cliquez ici
De plus, nous savons
grâce à des sources écrites ("Le Tuyau") que le camp était divisé en
8 compagnies (également séparées par des barbelés). Une compagnie
comprenait 6 baraques. On compte donc 48 baraques de prisonniers. Le
camp pouvait contenir 12 000 prisonniers. Ce nombre est toutefois
monté à 17 400 à la fin de la guerre.


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